COMPTE RENDU DE L’ASSEMBLEE GENERALE DU GDS du 11.03.16

 

LE TRAVAIL COLLECTIF GARANT DE LA SÉCURITÉ SANITAIRE DE TOUS

Le Groupement de Défense Sanitaire des Vosges a tenu son Assemblée Générale vendredi 11 mars 2016. Près de quatre-vingt personnes étaient présentes afin de suivre les actualités en matière de lutte contre les maladies animales. A cette occasion, le Dr Jean-Yves HOUTAIN, vétérinaire à l’Arsia, est intervenu pour témoigner du plan d’éradication de la BVD mené en Belgique.

« En sanitaire, la gestion individuelle n’a aucune chance d’aboutir. On ne lutte collectivement que contre ce qui fait des dégâts, certains visibles, d’autres plus sournois. Les virus et les bactéries ne seraient pas gênants s’ils n’entraînaient pas d’impacts économiques sur nos fermes. Certains sont bénéfiques et il faut les optimiser, mais d’autres sont néfastes, et il faut s’en débarrasser quand on a les outils qu’il faut. Un problème, un objectif clair, une méthode approuvée, une action collective, aboutissent à une réussite. »

Ainsi s’exprimait Bruno Lanterne, le Président du GDS des Vosges, lors de son assemblée générale.AG 2016

 

La santé des veaux, c’est l’avenir du troupeau

  • Extrait du rapport d’activité :

Le rapport d’activité a mis en exergue les nombreuses actions du GDS au cours de l’année 2015.

Les activités génériques du groupement réalisées au cours de l’année 2015 représentent 15% des ETP. « En plus de la gestion des prophylaxies, le GDS réalise des missions diverses, comme le suivi des concours, les analyses d’eau, les autopsies ; et traite quelques dossiers sur le parasitisme. Nous communiquons aussi beaucoup auprès des agriculteurs, avec la parution de vingt-deux articles dans le Paysan Vosgien. ».

Concernant la gestion de la FCO, le GDS des Vosges a préféré appliquer une stratégie souterraine plutôt que d’affoler les éleveurs. « Nous nous sommes battus pour rester en zone indemne. Nous avons notamment contrôlé les mouvements d’animaux, et proposé une stratégie de vaccination en zone à risque. Et pour l’instant, ça tient ! Le foyer le plus proche est à 180 kilomètres. »

En ce qui concerne la mortalité des veaux, les Vosges n’ont pas hésité à devenir un département « test » dans le projet OMAR (Observatoire de la Mortalité des Animaux de Rente). Une implication qui permet, entre autre, de gérer un système d’alerte des surmortalités.

Au cours de l’année 2015, le GDS a d’ailleurs poursuivi les engagés dans la santé des veaux. « Le Rallye Veaux, organisé en février dernier, a réuni près de trois cents éleveurs, dans cinq fermes différentes, déclare Carine Haas, conseillère en élevage au GDS. Le but est de rappeler le B.A.BA de l’élevage pour avoir un veau en bonne santé. Car le veau, c’est l’avenir du troupeau ! ».

Le GDS des Vosges se mobilise contre les avortements, avec la mise en place d’une dizaine d’actions individuelles et d’audit en cas de série d’avortement, des réunions d’information, ainsi que des actions collectives.

Sur l’IBR, « un des objectifs tracés pour 2016-2020 : devenir indemne ». Dans les Vosges, quatre-vingt-sept élevages se sont révélés être positifs à l’IBR, soit 4,8% des élevages vosgiens.

« Malgré tout, le bilan de campagne de prophylaxie s’avère être très encourageant, avec zéro nouvelle circulation en 2015, Le travail de précision entrepris depuis ces dernières années auprès des éleveurs, en lien avec les vétérinaires, porte ses fruits. L’objectif est d’être classé zone épidémiologique favorable d’ici 2018. »

 

La BVD : ERADIC’ACTION Objectif 2020

La BVD, thème principal de l’assemblée générale, a occupé une place importante dans les débats. le GDS a d’abord présenté le bilan des engagements en plan BVD.

« Actuellement, 22% des élevages vosgiens sont engagés et 30% des veaux vosgiens nés sont dépistés, Grâce à la détection des veaux infectés, permise par la pose des boucles auriculaires, 0,8% des mères, essentiellement des primipares, s’avèrent être des IPI. Au total, quatre-vingt-trois-mille bovins vosgiens sont certifiés non-IPI. »

« Les premiers résultats sont très encourageants et nous devons désormais passer à la vitesse supérieure, a indiqué Frédéric Antonot, secrétaire général du GDS. Déjà quatre-cent-trente éleveurs se sont engagés. Mais il nous faut désormais viser les mille-huit-cent élevages vosgiens, le plus rapidement possible ».

« Préparons l’avenir et avançons. Le sanitaire est un facteur de production, souvent le parent pauvre de l’exploitation en termes d’investissement. Et pourtant, une partie de plus en plus importante de notre revenu en dépend. La BVD est un investissement, pas une dépense ! Le retour sur investissement sera rapide si tous les éleveurs s’y mettent. », ajoute Bruno Lanterne, le président.

 

Eradiquer la BVD : c’est possible !

Le docteur Jean-Yves Houtain, vétérinaire à l’ARSIA, équivalent Belge du GDS, a ensuite présenté le programme d’éradication de la BVD en Wallonie. « La lutte contre la BVD y a été rendue obligatoire, essentiellement pour des motifs épidémiologiques : achats et voisinages. », déclare-t-il.

Cinq phases sont prévues pour éradiquer la BVD, étalées sur sept ans. La première, engagée en 2015, implique le dépistage de tous les veaux nés, ainsi que le blocage des IPI. En 2017, la deuxième phase implique l’abattage obligatoire de tous les IPI et la qualification des troupeaux « indemnes de BVD ». L’année suivante, la troisième phase, entraînera le dépistage obligatoire dans les troupeaux infectés, suivie en 2019 du dépistage obligatoire de tous les bovins de statut BVD inconnu. Enfin, la dernière, qui devrait amorcée en 2020, devrait sonner la fin du dépistage des IPI, entraînant la phase de surveillance sérologique dans tous les troupeaux.

« En pratique, les premiers résultats du programme d’éradication de la BVD montre qu’en moyenne, un veau et demi naît IPI, indique le docteur Jean-Yves Houtain. Sur 466 163 naissances enregistrées, 2 391 IPI ont été détectés ; et le testage des mères a révélé 166 mères de veaux positifs détectée IPI. La stratégie de lutte par dépistage à la naissance est la méthode le plus efficace. Grâce aux nouveaux outils, comme les boucles TST, la mise en place du dépistage est simple, avec des coûts réduits. En Wallonie, chacun s’accorde sur le fait qu’il faut éradiquer la BVD, c’est pourquoi la lutte collective obligatoire est bien acceptée ».

Enfin, le rapport coûts-bénéfices du programme wallon d’éradication de la BVD est proche de 1, avec un retour sur investissement en quatre ans.

« La France devrait suivre la même voie que nos voisins belges, conclu Bruno Lanterne. Même si la conjoncture n’est pas bonne en ce moment, personne ne peut le nier, elle ne doit pas nous empêcher de continuer nos actions, car ce n’est pas en détruisant notre outil de production que nous nous en sortirons. N’oublions pas qu’un euro investi dans la prévention, c’est trois euros d’économies de charges. La prévention sanitaire est un investissement abordable, rentable et incontournable ! Au GDS des Vosges, nous préférons être des optimistes de combat plutôt que des pessimistes de contemplation, et comme le disait Winston CHURCHILL : « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit une opportunité dans chaque difficulté ». Malgré les difficultés actuelles, rien ne doit nous faire baisser la garde sur le sanitaire, car le retour de bâton serait catastrophique, aussi bien en terme de santé de nos troupeaux que d’avenir de nos marchés. »

 

Pièce jointe  : rapport moral AG 2016 extrait bruno seul 2

Recent Posts
Contactez -nous

Transmettez-nous votre demande et nous ne manquerons pas de vous rappelez !

Not readable? Change text. captcha txt