Un premier nid de frelon asiatique découvert dans les Vosges

Déjà observé dans certains départements limitrophes, un premier nid de frelon asiatique a été diagnostiqué sur la commune de Bleurville, entre Darney et Monthureux. Il n’y a pas matière à s’affoler, mais cela démontre les capacités d’adaptation de ce parasite apicole sur l’ensemble du territoire du Grand Est.

Qu’est-ce qu’un frelon asiatique ?

Le frelon à pattes jaunes, également appelé frelon asiatique, est, comme tous les frelons, un hyménoptère de la famille des Vespidae. Naturellement acclimatée à un milieu tempéré à sub-tropical, cette variété a probablement été introduite en France vers 2004. On la rencontre habituellement en Asie continentale, jusqu’au nord de l’Inde et dans les montagnes de Chine, zones géographiques où le climat est comparable à celui de la France.

 Comment est-il arrivé en France ?

On présume que les premières femelles fondatrices ont été introduites en France, en même temps que des poteries importées de Chine. Leur prolifération a depuis été phénoménale et ces frelons sont désormais présents dans la majeure partie du pays.

Quel est son mode de vie ?

Son fonctionnement est simple : les « femelles fondatrices », femelles sexuées et fécondées à l’automne, destinées à devenir des reines, sont les seules à survivre pendant l’hiver. Quand vient le printemps, elles sortent de leur cachette, construisent un petit nid, généralement dans un arbre haut, pour pondre et ainsi reconstituer une colonie. Ce nid, constitué de cellules de papier de cellulose entourées d’une enveloppe quasi-sphérique, grandit ensuite pour atteindre 1 m de haut et 80 cm de large, et voit naître jusqu’à plus de 1 000 individus d’avril à décembre ! En automne, jusqu’à 2 000 insectes y vivent, dont au moins 550 femelles sexuées : ce sont elles qui coloniseront d’autres zones l’année suivante (jusqu’à 60 km). Du moins, celles qui survivent aux luttes de pouvoir…

 

Comment différencier un frelon asiatique d’un frelon « commun » ?

C’est assez simple. Le frelon asiatique mesure environ 3 cm, 3,5 cm pour les reines : il est donc plus petit que notre frelon européen « Vespa crabo ». Ce dernier se distingue également par son corps taché de roux, de noir et de jaune ; son abdomen est jaune rayé de noir. Le frelon asiatique est reconnaissable à ses pattes jaunes, ses ailes sombres, son thorax noir, sa couleur sombre et son abdomen sombre cerné d’un anneau jaune-orangé marqué d’un triangle noir.

Le nid du frelon commun est moins volumineux que celui du frelon asiatique, toujours ouvert vers le bas (le trou d’entrée de celui du frelon asiatique se situe sur le côté), et est édifié dans un tronc creux ou sous un abri, parfois dans le sol, mais jamais en haut des grands arbres (voir photos).

En général, les nids sont présents à moins de 150 mètres d’un point d’eau, et souvent, dans les bordures de village, car les frelons, en dehors des abeilles, recherche aussi de la nourriture complémentaire. Il est extrêmement rare de découvrir un nid de frelons asiatiques en pleine forêt.

Quels sont les risques ?

Les principaux problèmes posés par la prolifération de cette espèce sont sans danger pour l’Homme et ses attaques répétées sur certains insectes volants, particulièrement les abeilles domestiquées :

  • Pour l’Homme, il est important de noter que le frelon à pattes jaunes est beaucoup plus agressif que son cousin européen: si l’on s’approche d’un nid actif, volontairement ou sans soupçonner sa présence, il attaque. Son dard peut mesurer jusqu’à 6 mm de longueur, et est assez solide pour traverser des gants de jardinage. De plus, il pique volontiers plusieurs fois de suite ! La piqûre est très douloureuse et le venin est neurotoxique et cardiotoxique. En cas d’attaque, il est fortement conseillé de consulter un médecin ou pharmacien très rapidement, accompagné de préférence. En cas d’allergie, une piqûre mal placée (gorge, tête…) peut vite provoquer un œdème de Quincke, et engager le pronostic vital.

 

  • Concernant les abeilles : pour nourrir ses larves, le frelon se place en vol stationnaire à l’entrée d’une ruche, attaque une abeille, la plaque au sol, l’abat avec un coup de mandibule derrière la tête, la démembre pour ne garder que le thorax dont il fait une boulette qu’il rapporte ensuite dans son nid. On déplore de plus en plus d’attaques de ce genre, et elles peuvent avoir des conséquences désastreuses : les abeilles sont en état de stress et ne sortent plus de leur ruche.

 Notre premier cas

Pour la découverte sur le secteur de Bleurville, le signalement par le maire de la commune a permis à un référent apicole « frelon asiatique » de vérifier que c’était bien du frelon asiatique, ce qui a été fait. Il a donné l’avis de destruction du nid, perché à plus de 20 mètres de haut dans un saule.

La destruction par une société spécialisée a été effectuée le 27 septembre avec un matériel spécifique à visée longue (type canon à air comprimé) qui propulse des boules d’insecticides dans le nid, à travers la paroi du nid. Une trentaine de billes sont nécessaires selon la taille du nid. (voir photos).

Conduite à tenir

En cas d’observation d’un nid de frelon perché assez haut dans des arbres, ou d’un frelon au sol , qui ressemble à la photo (vérifier avant sur internet pour éviter les signalements inutiles), merci de prévenir un des référents Frelons asiatiques de notre département, afin d’effectuer une visite sur site et confirmer ou non la suspicion.

En cas de découverte vérifiée, le GDS Apicole prendra en main le dossier de la destruction.

 

Liste des référents frelons asiatiques pour les Vosges sur le site gds88.eu, rubrique abeille, sous rubrique Frelon asiatique

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